Le Moulin de Gémages, un petit paradis

Le Moulin de Gémages, un petit paradis

 

 

Nous sommes dans le Perche, au Moulin de Gémages qui s’étend dans un cadre somptueux sur six hectares de prairies, douze plans d’eau et trois kilomètres de berges! Non seulement les lieux sont charmants et bucoliques mais les diverses variétés de truites qui hantent le parcours de pêche, se nourrissent de manière parfaitement naturelle et sont très combatives!

Un régal pour le pêcheur.

Prenez votre canne, on vous emmène… 

Nous sommes accueillis dès notre arrivée au Moulin par Ivan Iannaccone, le propriétaire des lieux, qui nous fait entrer dans le lodge confortable du parcours pour une petite collation. Ici tout a été pensé pour les pêcheurs à la mouche. Après un repas succulent nous voici au bord de l’eau. Sur les conseils d’Ivan, nous décidons de remonter tout en haut du parcours où les plans d’eau alimentés

par captage révèlent une eau claire à température constante. De nombreux poissons s’activent déjà en surface et il semblerait que la petite « grisaille du ciel » favorise cette activité. En cette période où les feuilles des arbres se parent de couleurs chatoyantes jaunes et oranges, je décide de tenter ma chance avec un petit terrestre de ma fabrication. je pose ma mouche sur la « route » d’une belle truite jaune (Aguabonita) qui passe à côté en l’ignorant totalement! mais, alors que je récupère ma soie pour relancer, un énorme V se produit derrière mon artificielle qui disparaît dans un remous. Ferrage réflexe et belle bagarre avec une superbe truite arc-en-ciel qui doit dépasser les 50 centimètres. Un poisson en pleine forme, nerveux et bagarreur! L’ami jean-Didier qui lui avait opté pour une petite

émergente, décroche un premier poisson avant de faire lui aussi une très belle capture que je glisse dans la grande épuisette aux mailles en silicone. Seules ces épuisettes sont autorisées et à disposition pour les pêcheurs. Oui, ici rien n’est laissé au hasard pour une gestion de qualité. Nous prendrons plusieurs poissons dans ce lac en pêchant à distance, dont quelques truites « jaunes » en diminuant la taille de nos pointes à 12 centièmes. En effet, ces truites que l’on distingue parfaitement se sont montrées « tatillonnes » sans doute à cause du fait qu’elles sont plus sollicitées que les autres. 

 

EN BORDURE SOUS LES FRONDAISONS

 

En me déplaçant un peu, je me rends compte que les berges sont fréquentées par de nombreuses truites en attente de nourriture à moins d’un mètre du bord. Ivan nous avait expliqué qu’en cette saison de nombreux salmonidés se refont une santé en chassant « le fourrage » près du bord. Grâce au découpage réussi des plans d’eau de multiples recoins, virages et arrivées d’eau offrent de superbes postes aux salmonidés. Je monte une petite nymphe type « pheasant tail » en taille 16 et conserve ma longue pointe en 12 centième. Deux truites sont postées à 50 centimètres d’intervalle près d’un collecteur d’eau. Un premier posé ne donne rien car ma nymphe passe trop bas, les poissons sont presque en surface. Un modèle très léger décale la première truite et la pique, grosse bagarre sous les branches et la « rebelle » finit dans l’épuisette. Les truites ont une belle robe avec des nageoires bien développées et ont été triées sur le volet. Le moulin de Gémages offre vraiment une grande diversité, et que le pêcheur soit un expert du lancer ou un débutant il trouvera facilement une situation et un poste où il pourra s’amuser. En pêchant les nombreuses bordures en nymphe à vue mais aussi en sèche, les prises seront, une fois de plus, très nombreuses. Mon conseil serait donc de ne pas oublier toutes ces petites berges et ces voûtes végétales qui offrent « gîte et couvert » aux salmonidés peu dérangés. 

 

DEVERSOIR, VANNAGE ET BELLES FARIOS

 

Le lendemain, après une excellente nuit dans les chambres d’hôtes douillettes et confortables du moulin et après un copieux petit-déjeuner, nous voici de retour au bord de l’eau. Ivan, distributeur entre autre des cannes Thomas & Thomas, m’a confié pour essai un modèle Avantt en soie de 6, une excellente canne très légère et parfaite pour le parcours. Equilibrée avec un moulinet Abel SDF, l’ensemble est un vrai délice. Nous tentons ce matin sous un ciel bleu azur, tout d’abord le déversoir puis le vannage (un petit canal pittoresque) qui marque la limite du parcours. Quelques tentatives sous le déversoir nous rapportent en nymphe au fil plusieurs farios vigoureuses à la robe cuivrée. Les touches sont franches dans ce petit courant et les mouvements du bas de ligne assez faciles à sanctionner d’un ferrage. En logeant le vannage, je capture encore de belles truites postées sur les bordures tout près de la végétation. Introduites par Ivan il y plusieurs années (taille 8 à 10 cm), ces farios se sont particulièrement bien acclimatées et se nourrissent naturellement. Le propriétaire me confie d’ailleurs qu’à la belle saison, les éclosions massives de trichoptères et d’éphémères font monter rapidement tout ce petit monde vers la surface pour le plus grand plaisir des amateurs! La

seule difficulté consiste en fait à poser correctement sa mouche sous la végétation. un petit sedge aura raison de quelques farios en poste le long des bordures. Après un très bon repas concocté par Sophie et pris au lodge avec d’autres pêcheurs (la convivialité est de mise au moulin), je recommence ma partie de pêche avec une petite noyée noire et une nymphe en pointe. En lançant au plus près de la végétation, je touche coup sur coup plusieurs truites en tricotant lentement de la main gauche. parfois sur un arrêt c’est le simple déplacement de la soie qui me signale une prise. La pêche est haute en couleur et les captures régulières. Attention ici certains gros spécimens ont vite fait de vous casser une pointe si vous n’êtes pas attentifs ou si votre frein n’est pas parfaitement réglé. Pour le plaisir, dans les recoins du lac à l’abri de la végétation, nous tentons quelques poissons postés d’un simple lancer arbalète ou rouler et il est bien rare que les truites laissent passer une petite nymphe olive ou noire dans leur champ de vision. Une pêche très ludique et passionnante, où la présentation est bien souvent déterminante.

 

UN SITE D’EXCEPTION

 

Dans tous les plans d’eau le pêcheur peut prendre des truites arc-en-ciel, fario, aguabonita, léopard mais aussi des saumons de fontaine qui sont très agressifs au cœur de l’hiver lorsque les eaux sont très froides. Sachez que le parcours du Moulin de Gémages a été entièrement construit sur une vaste prairie, sur une idée très originale d’Ivan Iannaccone qui a lui-même dessiné le parcours qui fonctionne en dénivelé. Lors de notre passage, l’eau manquait dans toute la France, mais ce

parcours n’a jamais été impacté grâce à des apports constants en quantité et en température. Le Moulin de Gémages fonctionne en famille et sa situation géographique a été particulièrement bien pensée : à 1 h 30 de Paris Sud, 45 minutes de Chartres, 35 minutes du Mans et 45 minutes d’Alençon. La boutique du Moulin est de toute beauté avec une quantité impressionnante de cannes et de moulinets haut de gamme, mais aussi de soies et d’accessoires. le Moulin de Gémages est le distributeur exclusif de plusieurs marques prestigieuses. Pour les pêcheurs, il est en effet très facile d’essayer une canne au bord de l’eau en prenant quelques truites sur les conseils d’Ivan avant d’en faire l’acquisition définitive. C’est sans doute le meilleur moyen de trouver un produit qui correspond

parfaitement à ses attentes en action de pêche. 

Si vous passez dans la région du Perche, ne manquez pas ce parcours d’exception. Vous pourrez séjourner sur place et vous restaurer dans un cadre pittoresque, totalement dédié à la pêche à la mouche et géré par une famille de passionnés. 

 

 

Texte et photos Laurent Guillermin / Pêche Mouche